- Vous êtes virée, Mademoiselle Land ! Vi-rée ! Hurlait M. Huston, mon patron. Enfin, mon ex-patron, puisqu'il venait de me renvoyer.
Virée ... Ce mot résonnait dans ma tête et me donnait mal au crâne. Je voyais des petites étoiles clignoter devant mes yeux et j'avais l'impression qu'une énorme pince se refermait sur mon cerveau pour le réduire en miettes.
J'aurai pourtant dû m'y attendre, après la gaffe que j'avais faite. Une petite erreur sans graves conséquences... j'avais juste tiré dans le pied d'un collège en nettoyant mon arme de service. Eh oui, pas toujours facile d'être flic... Mais Huston ne le voyait pas du même oeil que moi et vu sa réaction, ma petite connerie avait de l'importance.
- Land ! Vous m'écoutez ?! Tonna-t-il en frappant du poing sur son bureau.
- Ouais... réussis-je à articuler, la bouche pâteuse.
- Ce que vous avez fait hier est inadmissible ! M'entendez-vous ?! I-nad-mis-si-ble !
Mon patron avait cette fâcheuse habitude de répéter et de décortiquer chaque mot important qu'il prononçait, et, agacée par cette manie qui me sortait des yeux, je lui lançai:
- Arrêtez, il n'est même pas en danger de mort. En plus, il engueulait toujours tout le monde, c'est bien fait pour lui.
- Quoi ?! S’étrangla-t-il en se levant brusquement. Comment osez-vous dire cela alors qu'il s'agit du meilleur élément que nous possédons et que vous l'avez immobilisé pour au moins 3 mois ?!
- Oh, c'est bon... Tout le monde sait ici que Grint est votre chouchou ! Ripostai-je en serrant les dents. Pauvre con... marmonnai-je ensuite en détournant la tête.
- Pardon ?
Le ton était menaçant. Il m'avait entendue, cet imbécile.
- Vous n'arrangez pas votre cas, Amandine, murmura-t-il dans une colère froide. Je veillerai à ce que votre admission dans un autre poste soit immédiatement refusée. Et croyez-moi, je respecte toujours mes plans. MAINTENANT SORTEZ ! Aboya-t-il soudain, si bien que je manquai de faire une crise cardiaque.
Je m'emparai de ma veste, posée sur le dossier d'un vieux fauteuil et, sans même regarder Huston, je m'élançai hors de son bureau en prenant soin de claquer la porte, bien sûr. Une fois hors de la pièce, je donnai un coup de pied dans le premier objet qui se présentait à moi - là, en l'occurrence, il s'agissait d'une inoffensive corbeille en papier qui vola à travers la pièce, répandant ce qu'elle contenait un peu partout.
Telle une furie - voire pire - je traversai le hall d'entrée et ouvrai la porte vitrée, sous le regard ahuri de mes collèges. Lorsque je fus à l'extérieur, j'inspirai une énorme bouffée d'air et continuai marche - rapide - avec une seule idée en tête: rentrer chez moi.
- Amandine ! Me héla une voix derrière mon dos.
C'était Elisabeth, une autre flic qui bossait dans la même équipe que moi.
- Je t'appelle ce soir ! Lui répondis-je tout en continuant mon chemin.
- M... Mais...
Je traversai la ville en 5 minutes, temps record. Quand j'arrivai devant mon immeuble, j'étais essoufflée comme un boeuf et rouge comme une tomate pourrie. Néanmoins, je montai les marches 3 par 3 et me retrouvai devant mon palier en un quart de seconde. Je voulus sortir mes clés en fouillant avidement dans mon sac à main, mais, ne les trouvant pas, j'en déduisis que je les avais oubliées chez moi.
Epuisée physiquement, mais surtout moralement, je me laissai glisser contre ma porte et m'affalai sur mon tapis.
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