Après le départ d'Edward, je me levai mollement et rampai - presque - vers ma salle de bain. Là, j'enlevai prestement mes vêtements et me jetai dans ma douche. Qu'est-ce qu'il était bon de sentir l'eau bouillante couler contre mes joues, mes cheveux, mon corps... J'avais l'impression, en plus de me laver, que cela me débarrassait de tous mes maux, de tous mes problèmes. Je ne pensais plus à rien, j'étais tout simplement bien.
Une demi-heure plus tard, je daignai enfin sortir de mon petit cocon, avec toutefois un certain agacement. Je détestais quitter ma précieuse douche, comme un bon nombre de personnes.
J'avais, à présent, les idées claires et mon mal de crâne avait disparu. La douleur de mes courbatures s'était atténuée et j'étais beaucoup plus détendue. J'étais donc en état de réfléchir à la proposition de mon père. Pour cela, je pris mes aises et m'étalai de tout mon long sur mon lit, en m'enroulant dans une couverture chauffante. Ensuite, je me penchai vers ma table de chevet, tirai le petit tiroir du meuble qui grinça, faisant un bordel pas possible, et m'emparai de l'album photo qu'il contenait.
Je tournai vivement les pages, jusqu'à tomber sur celle qui m'intéressait vraiment. Elle ne contenait qu'un seul cliché, si bien que mon regard s'attarda longuement dessus. J'effleurai le papier glacé du bout des doigts et surtout au niveau d'un visage. Il m'était tellement familier mais en même temps, j'avais l'impression qu'il s'agissait d'un inconnu. Mon père... Comment avait-il pu m'ignorer ainsi ?
Des souvenirs me vinrent en masse, je me rappelais du jour où tous mes malheurs dans la police avaient commencé. Je débutais et m'occupais de l'affaire Rockwell en ces temps-ci. Deux pauvres gamins assassinés avec violence et sans pitié avaient été retrouvés dans leur propre maison. Ils s'appelaient Maxim et Cherry, il me semble. Un coup de fil anonyme avait été passé et j'avais été envoyée sur le terrain pour tenter d'arrêter le meurtrier. Malheureusement, j'avais laissé fuir l'agresseur parce que je m'étais sentie très mal à la vue des cadavres sanglants. Mon père ne m'avait pas pardonné cette erreur et, par honte sans doute, avait décidé de ne plus m'adresser la parole.
J'étais agacée... Profondément agacée. Je refermai l'album d'un geste rageur et le rangeai dans son tiroir. Légèrement stressée, je décidai de faire une machine, histoire de me changer les idées. Je ramassai le tas de vêtements que j'avais laissé à côté de ma douche, et le portai jusqu'à mon cagibi. Là, je pris mes habits un par un et les fourrai dans la machine à laver, en prenant soin de vider mes poches. Lorsque je fouillais les poches de mon jean, je trouvai la petite carte que m'avait laissée Edward Newton. Je l'examinai en large et en travers, et lançai la machine, tout en observant distraitement le rectangle en carton.
Je me mordis la lèvre, songeuse. Qu'est ce que je risquais à accepter ce poste ? Après tout, c'était mon père qui me l'avait proposé. Cela signifiait peut être qu'il avait décidé de m'adresser de nouveau la parole ! Il fallait que je tente... Oui ! Je devais essayer et je me disais que, au pire, je pourrais toujours démissionner.
Je composai le numéro de téléphone de Newton et attendis patiemment qu'il décroche.
- Allo ?
- Rebonjour, M. Newton. Ici Amandine Land. Je vous appelle au sujet de votre proposition...
Merci Finette88 de
me l'avoir signalé ^^. Ca ne me vexe pas du tout, bien au
contraire !
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